Par : Jaime Solano, Directeur Général de GVAM.

Il y a quelques semaines, un responsable d’un musée bien connu en Espagne m’a dit qu’ils avaient commencé à demander des preuves à leurs fournisseurs qu’ils n’utilisaient pas l’Intelligence Artificielle (IA) dans leurs produits numériques. Il recevait une telle avalanche de propositions de visionnaires qu’il avait perdu tout envie de perdre encore du temps à examiner des idées irréalisables.
Au-delà de l’ignorance de ce changement de paradigme inarrêtable, nous, les gestionnaires culturels, craignons que l’IA menace l’identité différenciée de nos projets, construite au fil des ans avec beaucoup d’efforts. Une image de marque qui repose sur l’exclusivité des contenus et des collections, dans le cas des musées, et sur la reconnaissance des biens patrimoniaux, dans le cas des villes et des monuments.
Chez GVAM, nous croyons que la meilleure façon d’aborder ce changement est avec optimisme, tout en construisant de l’intérieur. C’est pourquoi nous nous sommes lancés dans trois projets d’innovation pour développer, grâce à l’IA, une nouvelle génération de guides de visite. Il s’agit de créer un ensemble de solutions en respectant les principes suivants : la préservation de l’identité de chaque bien patrimonial, le respect des droits d’auteur, l’utilisation sécurisée des données de comportement des visiteurs, l’absence de coûts cachés ou de cessions de données à des tiers, et la collaboration avec les gestionnaires pour adapter l’IA à la culture et au tourisme, et non l’inverse.

D’une part, GVAM participe avec l’Université Polytechnique de Madrid et l’entreprise Indeep AI au projet européen ASSIST, lié au Pathfinder (ASTOUND https://blogs.upm.es/astound/). Ce projet vise à développer des modèles d’IA conversationnelle adaptés aux musées, l’interaction avec des fonctions de vision artificielle et l’enrichissement de l’interprétation des biens culturels grâce à des informations contextuelles.
D’autre part, GVAM dirige le projet ELSTER du programme Ultima Milla du Secrétariat d’État au Tourisme, dans lequel, avec d’autres entreprises et universités espagnoles, un nouveau modèle de guides intelligents appliqués aux musées et destinations touristiques sera développé. Ces modèles sont basés sur les données de comportement des utilisateurs, collectées préalablement, afin de créer des profils et des recommandations, la création dynamique de contenus par IA, ainsi que l’extension de la solution à d’autres dispositifs frontaux tels que des sites web, des bornes interactives ou des systèmes de vente de billets pour musées et destinations.
Enfin, nous sommes présents dans le projet européen REEVALUATE (https://reevaluate.eu/), où, avec d’autres partenaires allemands, italiens, néerlandais et grecs, nous allons développer des systèmes de numérisation collaborative pour les actifs culturels grâce à l’intelligence artificielle.
À travers ces projets, tout au long de 2025, nous organiserons plusieurs ateliers dans des musées, des enquêtes auprès d’experts et de visiteurs, des tests de prototypes et d’autres essais sur le terrain. Pour ce faire, nous compterons sur l’aide de nos clients et du public des musées, monuments et destinations touristiques avec lesquels nous travaillons.

Je peux affirmer que le processus de changement propulsé par l’IA est inarrêtable et que la durabilité des objectifs fondamentaux des institutions culturelles et touristiques dépendra de la manière dont nous définirons le modèle de relation avec cette technologie. Chez GVAM, nous pensons que toute transformation commence par la reconnaissance des valeurs de départ de ce qui doit être transformé, et que nous devons tirer parti de l’expérience accumulée au cours de toutes ces années dans les principaux musées et monuments du pays, afin que ce voyage soit passionnant, fructueux et responsable.
